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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 18:05

Même si un brin de lassitude et de fatigue pointe les conditions sont tellement bonnes qu’une fois de plus on se lève et encore plus tôt…. Toujours direction l’Oisans dans un coin où pour une fois l’accès est très rapide. Pas de longue vallée à remonter ici, après quelques centaines de mètres sur les pistes de ski de fond on traverse la Romanche et on attaque tout de suite des pentes du vallon de l’Homme.

ap1Manu profite du privilège de ceux qui se lèvent tôt…Pour l’heure ce n’est pas vers le soleil qu’on va, c’est plein nord pour une montée un peu frisquette dans une neige encore poudreuse.

ap2Vers le haut le soleil vient quand même nous réchauffer un peu. Il y a quelques traces dans ce beau vallon peu connu mais qui propose pourtant prêt de 1200 mètres de pentes soutenues, souvent poudreuse quand on bifurque nord et sans aucune marche d’approche (rare en Oisans).

ap3Lio à la brèche du Peigne où il est l’heure pour nous de basculer sur un autre vallon, des fois qu’une face plus ensoleillée nous offre une belle ligne d’ascension.

ap4Manu un peu perplexe devant l’un des objectifs possibles du jour. C’est vrai que tout ça semble bien délicat, alors même si on monte au pied de la face c’est sans regret qu’on la laisse pour des jours meilleurs.

ap5En attendant la suite on s’offre quand même un peu de transfo avant de remonter à la brèche. A celle-ci je rencontre Philippe maintenant guide à la Grave et avec qui j’avais partagé le même collège savoyard, tout ça ne nous rajeunit pas…

ap6Ensuite on replonge plein nord où la neige est vraiment extra, après plusieurs randos en transfo ça fait du bien de retrouver un peu de poudreuse.

ap7Vers 2400 on s’arrête, il n’est que 10h30 alors on ne va pas descendre tout de suite. Une grande traversée doit pouvoir nous amener dans l’axe d’un couloir qui pourrait avec les conditions extra du jour, être très bon.

ap8C’est effectivement pas mauvais mais le vide se creuse de plus en plus (et encore heureusement on n’a pas vu le bazar du bas…). Après avoir rencontrer un passage un peu glacé promettant d’être délicat à la descente, on passe à pied. L’ambiance est carrément extraordinaire sous l’immense sérac du Fauteuil Glacier dont on peut penser qu’on est protégé ici (sauf rupture cyclopéenne…).

ap9Un peu plus haut, la neige bien que parfois irrégulière n’est pas mauvaise, la pente est encore très raisonnable mais, mais pour moi d’un coup l’expo devient trop importante. En plus comme on n’a pas de renseignement sur ce couloir et qu’il semble se raidir et se rétrécir… On discute un peu tous ensembles, et avec Lio on laisse Manu aller voir la suite, nous l’attendrons sous l’étroiture. D’un coup la pression retombe, ils nous restent bien quand même quelques virages forts exposés mais on doit pouvoir se faire ça tout à fait tranquillement. Les conditions météo sont parfaites alors on profite du paysage absolument splendide tout en observant Manu grimper. C’est vrai que le haut n’a pas l’air mauvais. Au bout d’un moment je rechausse et descends tranquillement, je déchausse pour les quelques dizaines de mètres un peu glacés et attends mes compères (des passages comme cela avec un piolet à la main j’en ai déjà fait de nombreux mais aujourd’hui autant la jouer tranquille jusqu’au bout).

ap10Ca y est Manu a rejoint Lio et ils se pointent sur la «vire infernale», Manu sort son piolet et nous fait donc l’ensemble sur les planches, bravo mon gars. Il est enchanté par ce couloir pas si raide (5.2 ?) et en excellentes conditions.

ap11On avale vite fait les 300 mètres de déniv, toujours en super neige, qui nous séparent du vallon de l’homme.

ap12Et hop on peut enfin se retourner sur l’itinéraire… Ah oui pour l’expo je pense que c’était pire que ce qu’on imaginait du dessus. Par contre n’aller pas croire que c’était un truc de malade. Aujourd’hui les conditions étaient super bonnes et tout ne dépendait que de notre moral et de notre technique.

ap13Voilà après un retour à ski à la voiture sur une neige toujours très plaisante on remonte quelques lacets sur la route du Lautaret pour aller voir un peu l’ensemble de notre itinéraire (enfin sauf l’excursion en versant ensoleillé). Superbe je trouve, encore une belle «journée découverte» en Oisans, jamais je n’aurais imaginé aller poser mes skis un jour vers les séracs du Fauteuil Glacier…

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Published by Jo - dans Ski
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commentaires

Yannick 23/04/2010 16:31



C'est un bien beau coin effectivement. Mais à mon avis, pas besoin de "rupture cyclopéenne" du sérac pour être impacté : vu la photo d'en face, la moindre rupture et le bas du couloir serait
balayé, sans doute pas nécessairement par les morceaux de glace mais à coups sur par l'aérosol. ça peut largement suffire à déséquilibrer quelqu'un et alors là, bonjour les barres du
dessous. J'ai déjà été balayé par un aérosol lié a une chute de séracs tombé a 1km de moi, et je confirme que ça peut secouer très fort.


Je trouve que barres + sérac = trop de risque pour quoi de plus?


Mais ce n'est que mon avis.



Jo 24/04/2010 07:58



Yannick sûrement OK pour l'aérosol, par contre ces séracs ne semblent pas tomber souvent (aucune trace d'impact en bas) et on reste très, très peu de temps indirectement exposé. Par rapport à ce
point c'est par exemple beaucoup moins exposé à mon avis que plein de courses très classique comme le couloir des Italiens à la grande Casse ou la VN du Tacul par exemple.


Pour les barres c'est effectivement impressionnant (surtout du bas) mais à part sur 10 mètres les conditions de neige était vraiment très, très confortable et on a donc gardé une grande marge
technique (d'ailleurs quand Lio et moi avons pensé qu'elle pouvait se réduire nous nous sommes arrêtés). Après pour l'expo c'est sur ici c'est très haut mais quand on fait du ski de pente raide
même de manière un peu moins prégnante ce point est souvent présent. Pour comparer encore à une course qu'on a faite tous les deux récemment, les virages au-dessus du deuxième Chourrums au Gd
Ferrand étaient tout aussi exposé (mais les conditions de neige y étaient aussi excellentes...).


Du coup non pour moi dans ces conditions ce n'était pas trop de risques pour aller visiter ce bel endroit... mais ce n'est aussi que mon avis.


Et hier on a ressorti le VTT, pas non plus dénué d'une certaine exposition parfois ce truc. Enfin ça c'est juste pour dire qu'on se doit toujours un tour ensemble sur ces fiers destriers...



yvon 23/04/2010 09:38



Superbe itinéraire dans le Grand Oisans sauvage. J’ai toujours été étonné du peu de succès qu’avait la brèche du Peigne.
Cet Itinéraire est pourtant comparable au Combeynot. A croire que les randonneurs aiment s’agglutiner dans les classiques.


Bravo pour l’itinéraire judicieux de la crête du Clot Boucharet. Je me demande si ce n’est pas cet itinéraire
qu’avait suivi Colin Samuels il y a de cela quelques années.



Jo 23/04/2010 16:01



Salut Yvon, ah c'est sûr la brèche du Peigne mérite une visite. Par rapport au Combeynot c'est effectivement comparable mais dans un cadre beaucoup plus grandiose encore.


Sinon pour la crête du Boucharet c'est aussi grande classe mais on n'est plus dans le même registre. Pour l'iti de Samuel Collins voir ici :
http://www.ice-fall.com/rs/Couloir/N/Pointe/Nerot/287.aspx  Ce qu'on a fait correspond effectivement au début de cette voie.


Aller A + et c'est bien beau par chez toi...



Simon 22/04/2010 19:44



Encore de splendides photos!! En tout cas si "le E5" avait existé ça les aurait largement mérité!